Le folk revival : naissance d’un regard neuf sur le passé
Le folk revival prend racine dans un élan mondial du XXe siècle qui vise à remettre à l’honneur les musiques populaires, notamment dans les zones rurales et montagnardes. Il surgit, en Auvergne comme ailleurs, dans les années 1950-1970, période où les sociétés occidentales s’interrogent tour à tour sur la modernité et le besoin de racines. C’est le temps des collectages inlassablement menés par des figures telles que Joseph Canteloube, puis des enregistrements de terrain initiés par des ethnomusicologues, collecteurs ou même des instituteurs passionnés.
En Auvergne, le folk revival se manifeste lors de veillées, fêtes villageoises remises à l’honneur, collectages de bourrées à danser, de complaintes et de balades. Mais il bénéficie aussi d’une fenêtre grâce à la vague folk qui balaie la France à l’instar de la Folklore Boom en Angleterre ou de la scène new-yorkaise. Les artistes émblematiques de ce courant se caractérisent par :
- Une volonté de « ressusciter » et archiver un passé sonore perçu comme menacé.
- Un retour aux instruments anciens (vielle à roue, cabrette, accordéon diatonique) et aux répertoires des anciens.
- Des arrangements souvent sobres, cherchant l’authenticité, mais réinterprétés avec l’énergie d’une époque désireuse de « vérité » et de simplicité.
Le revival va souvent de pair avec la conscience patrimoniale. Le Festival de la Châtaigne à Mourjou, les bals de la Fête de la Vielle à Anzat-le-Luguet, mais aussi la création des premiers groupes comme La Chavannée (Allier, fondée en 1967), sont autant de moments-phares faisant ressurgir une mémoire populaire.
Impact du folk revival en Auvergne
- Création de collectifs de recherche et d’archivage sonore (AMTA – Agence des Musiques des Territoires d’Auvergne).
- Publication d’anthologies, de recueils de chansons, de partitions (cf. les travaux de Maurice Chautant, Jean-Michel Guilcher).
- Transmission intergénérationnelle renforcée par l’éveil à la danse et au chant populaire dans les écoles, centres de loisirs, universités populaires.
Le folk revival fut donc une passerelle entre l’effacement progressif des traditions et leur renaissance, souvent portée par une approche patrimoniale.