Rythmes et répertoires : la cabrette, actrice principale des bals et des veillées
Un instrument à danser
La cabrette naît pour la danse. Des bourrées ternaires – à trois temps – auxquelles elle donne leurs contours mélodiques, jusqu’aux mazurkas et valses, elle se pose comme l’âme musicale de la fête villageoise. Selon France Bleu, plus de 70 % des bals populaires du Cantal de 1880 à 1930 était animés par un cabrettaïre, souvent associé à un accordéoniste ou à un chanteur.
-
Le style de jeu : spécifique, il privilégie l’attaque franche, le staccato, les ornements et appogiatures qui marquent les bourrées à deux ou trois temps. Beaucoup de cabrettaïres jouaient debout, rendant la musique plus dynamique.
-
L’oralité : aucun cabrettaïre n’apprenait par le solfège – tout passait par l’imitation, la transmission directe, de l’oreille à la main, du souffle au cœur.
Aires d’influence et évolutions esthétiques
La cabrette ne se limite pas à l’Auvergne : on la trouve aussi sur les marges du Quercy, du Limousin et jusque dans le Forez. Mais c’est dans le Cantal, l’Aubrac et la Margeride qu’elle a forgé son “accent”. Chacune de ces régions cultive des particularismes mélodiques, des rythmes et des ornementations propres, qui illustrent la richesse du répertoire.
Dans les années 1940 et 1950, la cabrette survit à la déferlante de l’accordéon diatonique, puis chromatique, non pas en disparaissant, mais en se renouvelant : hybridation des répertoires, élargissement à la chanson, créations contemporaines (citons Jean-Louis Murat ou le groupe La Nòvia).